Les miels sont une partie intégrante de l’histoire et de l’activité de la Corse. Dès l’antiquité, des écrits de chroniqueurs grecs et romains notent le potentiel extraordinaire de l’île pour cette production. Plus tard, l’île paiera des tributs en cire et en miel à ses envahisseurs. Quasiment toutes les familles possédaient des ruches dont certaines étaient implantées dans les murs mêmes de leurs habitations.

Après une activité de cueillette, dès la préhistoire, l’apiculture se développe considérablement. A l’époque historique avec les ruchers « arnaghji » traditionnels, composés de ruches en troncs couchés (de liège ou de châtaignier) par dizaine de milliers, dont il subsiste encore quelques exemplaires avec leurs outils adaptés. L’apiculture est alors une importante activité économique autour du miel et de la cire. Des vestiges d’importance ont été localisé sur le territoire de la commune de Venaco : un mur-rucher qui existait dès 1840. Il existe également dans de nombreuses maisons corses, des ruches placards encastrées dans les murs. De nombreux noms de lieux font référence aux abeilles.

L’apiculture est  une constante de l’histoire de la Corse. A des périodes de grand dynamisme a succédé une phase de récession due aux pertes démographiques subies lors des différentes guerres, ainsi qu’à l’assainissement des plaines.

Au sortir de la 2ème guerre mondiale, l’apiculture est quasiment oubliée sauf dans quelques villages à tradition apicole forte et en dépit de la création de syndicats et sociétés d’apiculture. L’activité restera stagnante jusqu’aux années 70.

A partir de 1976, des apiculteurs se rencontrent et bâtissent un véritable plan de développement de leur filière. Les premiers travaux de recherche-développement sont mis en place, notamment sur la caractérisation du cheptel en vue de sa sélection ainsi que sur le produit permettant de constituer un véritable référentiel (traitement informatisé des données de l’analyse pollinique). Sont alors crées les nouveaux syndicats d’apiculture départementaux ainsi que les Groupements de Défense Sanitaire Apicole.

Aujourd’hui, l’apiculture constitue à nouveau l’activité principale pour une majorité d’exploitants producteurs.